L'agence du médicament ANSM a annoncé jeudi l'interdiction des autotests de dosage du PSA, un marqueur potentiel du cancer de la prostate.
L'agence précise que l'interdiction, prise le 24 août, concerne la mise sur le marché, l'importation, la distribution en gros et la délivrance au public des dispositifs médicaux d'autodiagnostic par dosage d'un marqueur potentiel du cancer de la prostate (PSA).
Il s'agit d'une décision de précaution destinée à assurer la cohérence des pratiques et recommandations nationales relatives au diagnostic précoce du cancer de la prostate en France, explique l'agence.
Le PSA (antigène prostatique spécifique) est normalement présent dans le sérum des hommes à une faible concentration. Son augmentation est constatée en cas de cancer de la prostate, mais aussi dans certaines pathologies non cancéreuses comme les hypertrophies bénignes ou les prostatites. Son taux normal n'écarte pas la présence d'un cancer, précise l'ANSM.
Le dosage est en principe réalisé sur prescription médicale, mais deux autotests de dosage du PSA, produits par les sociétés Vedala et Nanorepo, étaient commercialisés en France depuis l'an dernier. Des autotests sont également vendus sur internet.
L'agence souligne que le dosage du PSA ne permet pas, à lui seul, d'établir le diagnostic du cancer de la prostate et ne doit donc être utilisé que dans le cadre d'une stratégie globale de diagnostic de ce cancer, en association avec d'autres examens, à l'initiative d'un médecin et en fonction de chaque situation individuelle.
Selon l'Institut National du Cancer (INCa), 8.700 hommes sont morts d'un cancer de la prostate l'an dernier, dont les 3/4 étaient âgés de 75 ans et plus. Pour cette même année, le nombre de nouveaux cas de cancer de la prostate diagnostiqués a été estimé à 71.000, mettant ce type cancer au premier rang de tous les cancers.
L'INCa prépare pour sa part un guide destiné aux professionnels de santé permettant d'informer au mieux les hommes souhaitant s'engager dans un dépistage individuel du cancer de la prostate.
Le guide qui devrait être disponsible à la fin de l'année portera sur la balance entre les bénéfices potentiels et les risques d'un dépistage par dosage du PSA, les complications des explorations et leur fréquence, le risque de sur-diagnostic et de sur-traitement qui en découle, les différents traitements utilisés actuellement et leurs effets secondaires et séquelles potentielles, précise l'ANSM.
Source: www.romandie.com