PARIS - Pour restaurer la confiance, les autorités sanitaires doivent faire le ménage et éliminer du marché les médicaments plus dangereux qu'utiles, selon le directeur de la revue indépendant Prescrire
En pleine crise sur les pilules et Diane 35, la revue indépendante Prescrire publie dans son numéro de février une liste des médicaments à écarter.
Objectifs : inciter les autorités à un sursaut salutaire et aider soignants et patients à se préparer aux retraits du marché de ces médicaments
Ce dossier, disponible en ligne (http://bit.ly/12bWVQ7) et basé sur des analyses de la revue de 2010 à 2012, concerne plus de 70 médicaments.
La revue y propose dans tous les cas des alternatives.
Sont pointés, entre autres, le Motilium et ses génériques contre les nausées (risque de troubles du rythme cardiaque, voire morts subites), des traitements utilisés dans l'arthrose, sans efficacité démontrée, exposant à des atteintes cutanées graves et des hépatites comme l'Art 50 et ses génériques, ou encore le Colchimax, un médicament pour la goutte qui associe dangereusement à la molécule utile des produits (poudre d'opium...) masquant les premiers signes de surdose parfois mortelle du principe actif.
Egalement dans le collimateur Zyban et Champix pas plus efficace que la nicotine pour le sevrage tabagique.
Pour restaurer la confiance en le médicament, il faut que l'on sache que le ménage a été fait, estime le Dr Bruno Toussaint, directeur éditorial de la revue.
Les autorités vont trop lentement pour réviser les médicaments, dit-il en rappelant que pour les pilules de 3e génération, les informations étaient à disposition depuis des années.
Selon lui, il faut développer la pharmacovigilance et son enseignement aux professions de santé (médecins, infirmiers, pharmaciens).
Le retrait du marché n'est pas toujours aisé, a-t-il néanmoins admis en évoquant le cas du gel anti-inflammatoire Ketum (molécule : kétoprofène) qui expose à des brûlures (photoallergies graves) et pas plus efficace que d'autres.
La firme avait réussi à faire annuler la suspension du marché décidée par l'agence du médicament par le Conseil d'Etat au motif que cela nuisait à son chiffre d'affaires, relève le Dr Toussaint.
Il a par ailleurs à nouveau critiqué les médicaments dits anti-Alzheimer, actuellement commercialisés, qui représentent beaucoup de risques, notamment cardiovasculaires, pour une efficacité minime, pour au mieux quelques semaines ou mois et encore chez certains patients.
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